De la dominoterie à la dominographie

 

Lise Follier-Morales ou L’effet dominos

 

 

Grâce à un très beau livre très épais et magnifiquement illustré, André Jammes, star de nos libraires, a récemment remis sous l’œil du public des exemples de papier « dominoté » issus de sa collection.  

 

Dominoté vient de domino : disons simplement qu’il s’agissait, aux origines de l’estampe en Occident, d’images en noir-et-blanc, comme le sont les dominos, gravées en bois de fil. Assez rapidement, elles furent coloriées, au pochoir et à main levée. C’étaient des images essentiellement décoratives, c’est-à-dire que, à la musulmane, elles ne représentaient rien que l’on pût nommer autrement que par ce mot de domino. Elles servaient, par exemple, à orner les cloisons des chambres ou, le plus souvent jusqu’à la fin du XVIIIesiècle, les couvertures de livres. Comme la plupart des produits de l’imagerie dite populaire, ces papiers dominotés nous apparaissent maintenant, non d’une grande beauté, mais d’une beauté émouvante, ce qui n’est pas pire. 


Lise Follier-Morales, comme beaucoup, est tombée sous le charme de ces images, elle les a observées, examinées, étudiées, et elle les a sublimées dans des dominographies d’une élégance et d’un raffinement dont auraient pu rêver les graveurs en bois des siècles d’antan. En combinant subtilement sur le papier peinture, motifs au pochoir et gravure en taille d’épargne sur cylindre, elle nous présente aujourd’hui des feuilles colorées uniques en leur genre.

Maxime Préaud

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Article dans "Nouvelles de l'Estampe" numéro 237